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Un jour, je somnolais

Un jour, je somnolais car c’était le matin,

J’entendis une voix s’écriant dans la rue :

« Mais surtout ne va pas, frère, acheter du pain

Car nous ne mangeons plus que de la viande crue. »

Tout ce grand plaidoyer pour la vie carnassière

Me laissa froid, je n’étais pas bien éveillé.

J’y repense à présent que j’ai dans ma cuillère

Un bouillon sans saveur et bien trop cher payé.

Parmi les ossements de mon jeune squelette

Passent des aliments mâchés, bientôt dissouts

Par les sucs et l’acide alors que dans la tête

Je n’ai que l’information qu’on nomme le goût.

La machine organique est molle

Et dangereuse de chimies.

Surtout, ne va pas, frère, acheter de la mie

Dont tu sais bien que je raffole.

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