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X

L’univers, à la fin, s’en moque
Et l’enfer s’en lave les mains.
Qu’adviendra-t-il au chant du coq ?
Nous serons simplement demain.
Savourons ensemble nos crimes,
Ils sont l’énergie en dedans
Dont l’exquise et subtile escrime
Fait claquer et grincer nos dents.

Nous rêvions d’un parterre aux roches enflammées
Sur lequel allonger le corps de nos barbares.
Quand ils auraient bien cuit quelque bête affamée
Les aurait engloutis dans l’ombre du tartare.

Mais la morale est trop humaine
Et rien de tout cela n’existe.
Le monde n’a pour toute peine
Qu’un désintérêt trismégiste.

Il pourra bien aimer mille et trois fois encore
Deux mille et six, trois mille et neuf, ou davantage,
La question n’est pas tant de faire grimper le score
Mais la vie, toute entière et surtout jamais sage.

L’enfer n’est pas un endroit chaud où les vapeurs de soufre empestent.
Ce n’est pas une terre aride où l’odeur de la mort infeste
Un air maigre qui vous suffoque et vous avarie les poumons.
L’enfer est un endroit sans fleuve, ni feu, ni démon.

Ouvrant les yeux, Dom Juan, tout juste décédé
Ne voit pas de squelette dans les catacombes,
Nul escalier qui descende droit sous sa tombe.
Où sont la porte et le chien qui doit la garder ?
Ce n’est qu’un vaste néant sans bruit ni lumière.
Dans cette obscurité où règne un froid de pierre
Ne semblent pas errer les âmes des damnés,
Aucun cortège de criminels enchainés
N’avance d’un pas lent dans un rythme de bagne.
L’enfer selon Dom Juan, c’est un lieu sans compagne.

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