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La lumière est noire et c'est là dans l'ombre

La lumière est noire et c’est là dans l’ombre :
Je n’ai pas quitté son éclat des yeux.
Il résonne un air que je connais mieux
Que son parfum clair et ses lèvres sombres.
Là, c’est la beauté, la vraie, qui ne dure
Que quelques instants puis qui disparaît.
Cet apaisement, c’est l’amour, le vrai,
La lumière est noire et la chose est sûre.

La musique est la chose amère qu’ils ont faite en catimini.
Est-ce un chant de Papageno ou un air de Paganini ?

Ils ont éteint le théâtre et la ville.
Sur cette nuit des plus communes
Où passent des murmurations d’êtres agiles,
Luit encore un fragment de lune.
Des personnages ont quitté masque et costume
Et tous les rideaux sont tirés.
Les grands vaisseaux noirs, chavirés,
Ce sont des arbres dans la brume.
La voix qui fait fleurir les pierres,
Porcelaine esseulée, sélène,
Parle une langue de rivière
Que l’on entend, à peine, à peine.

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