V
Anna
Je l’aimais. Je l’aimais ! Je l’aimais, c’est horrible.
Je n’ai pas pu l’aimer, c’est faux, c’est impossible,
J’ai cru… C’est ça, j’ai cru. J’ai cru ses beaux discours
Mais il savait si bien, si bien, parler d’amour.
Il ne m’a pas forcée, non, j’étais consentante
Mais il m’a dupée. J’étais bien trop innocente.
Il disait qu’il m’aimait, bien sûr, et nous parlions
De tout, je riais, nous avions… oui, nous avions
Quelque chose. Lui, voulait surtout me voir nue
Et m’avoir dans son lit, j’étais une inconnue
Comme toutes les autres, les pauvres. D’ailleurs,
Je dis « elles » mais qui sait où allait son cœur ?
Je sais juste qu’il n’aimera jamais personne,
Tant pis pour lui, c’est bien triste, je le pardonne,
Mais peut-être bien qu’il couche avec un peu tout
Du moment que c’est faible et que c’est à son goût.
Il n’est pas un homme, il n’est pas un être humain.
Il suffit de regarder comme il a vécu.
C’est un chien, je n’ai pas d’autre mot, c’est un chien
Qui ne peut ignorer l’odeur d’un trou du cul
Et qui va toujours là où l’on sent les chaleurs.
Il ne regarde pas le corps, ou la beauté,
Les sentiments, les émotions et les pleurs ;
S’il regarde le corps, c’est celui d’à côté.
Je l’aimais ! Je l’aimais, c’est vrai. Je l’ai aimé,
C’est la vérité nue, puisqu’il faut la nommer.